vendredi 10 février 2012
Un matin de janvier, enfiler un pull aux mailles usées. Sentir son coeur être bousculé par le froid et le gris du ciel. Marcher sans ne savoir où aller, au rythme des battements du coeur. Je vis en traits tillés entre deux gares. La route et le voyage me manquent. Je choisis le siège rose du carrousel. Je toucherai la lune du bout des doigts. Un voyage nocturne.
mercredi 9 novembre 2011
Son corps regardait passer la rue et ses yeux coulaient comme une rivière lisse.
Les pupilles vertes pâles de la minuscule grandissaient pendant que sa jupe tourbillonnait. Le vent claquait contre sa joue, arrachant les larmes qui roulaient sur les joues rosies par le froid. Elle se racontait des histoires ; celle de la coquille d’escargot qui abritait une cabane, celle du bateau-mouche, ou encore celle du poisson lune à l’humeur grise. Des histoires peintes aux bouts des doigts, cousues à la peau et au cœur pour traverser les tempêtes et les orages. Aujourd’hui ces mains de petite fille gratte la terre d’automne gelée par les matins de brume, elle creuse au plus profond d’elle-même pour retrouver la force des montagnes - montagnes d’histoires qui s’envolent avec les oiseaux de nuits – la force qui se cache dans ce corps engourdi par tant de mémoires. Trop de monde s’envolent et désordonnent l’intérieur. Elle fuit et suit les vols ailés qui parcourent tous les ciels, surtout la nuit, surtout l’été. / L’entrée de l’hiver se fait rude, la minuscule doit se cacher au plus intime d’elle-même, sans regard, sans crainte. Se déposer au creux de ses mains invisibles, relâcher et pleurer. Ses yeux coulaient comme une rivière lisse.
Je suis cette petite fille des bois, ensevelie dans cette terre aride, sans début, ni fin. Laissez-moi creuser et retrouver la terre de mes racines. Mon ancrage est malhabile et timide, perdu dans ce tourbillon d’automne, comme un interstice immuable. Ôtez-moi de ce blanc vide qui ne mène nulle part, je me retrouverais quelque part. Les rêves immobiles.
Je suis cette petite fille qui s’envole avec les oiseaux de nuits, surtout la nuit, surtout l’été.
photo: http://confettigarden.tumblr.com/
vendredi 14 octobre 2011
lundi 12 septembre 2011
Ça fait bien longtemps que je vous ai laissé.. Je reviens après un bel été rempli de vagabondages et d'air frais. On a couché notre fatigue sur du papier doré pour se laisser saisir par le vent du nord, il nous a surpris à rire de nous voir tout emmitouflé comme au mois de novembre alors que les filles de là-bas pédalaient en short en jeans un peu trop court. Le vent du nord nous a surpris à nous étonner de cette ville-là, un peu colorée, un peu froide, un peu contemporaine. Une ville qui avance à la vitesse d'une bicyclette, à la vitesse de nos pas pressés par le froid. Le vent nous a surpris à traîner dans un bain chaud même si c'était les vacances d'été. Il nous a surpris à noter toutes les références de ce fauteuil, car on ne sait jamais, le jour où l'on aura ce tout petit appartement..oh et cette lampe, et ce plaide..Le vent nous a surpris en train de nous faire aider par la dame qui parle français pour acheter les meilleures pâtisseries de la ville, il nous a surpris à courir au bord des quais et faire la course avec le bâteau-touriste, il nous a surpris à traverser ce village de hippies et emprunter les petits chemins pour voir les maisons construites uniquement de fenêtres. * Le vent nous a surpris à aimer cette ville, le vent à emporter les nuages et nous à fait voyager dans cette autre ville tellement différente, celle qui a vu nos pas au moins mille fois. * On a commencé par monter ces vieux escaliers de bois au fond de la cour, un peu comme si on rentrait chez nous, dans ce petit appartement tant rêvé. La rue Montorgeuil était notre chez nous pour quelques jours, nous voilà gens d'ici. Les rues du Marais, le café minuscule, les photos de notre capitale dans ce tout petit atelier, les croissants du matin, la place qu'on avait encore jamais vu. Et ce film, la guerre est déclarée qui fait claquer mon coeur, qui le fait résonner d'histoires connues, sortir en se serrant la main très fort, s'asseoir sur la terrasse de ce café et prendre un verre de vin rouge, ne rien se dire, sourire et avoir tellement envie de vivre. Et puis il y a eu Paris-Delhi-Bombay, et nos deux corps malades, il fallait attendre à l'aéroport, l'avion était retardé, je dormais sur deux chaises alors qu'il n'osait pas me laisser hors de ses yeux une seconde, car il y avait cet homme, juste à côté, qui criait des insultes très fort dans son téléphone...entre deux cris, il me regardait rouge de fièvre. Dans l'avion, chanter "Love is in the air" d'une voix toute enrouée pour oublier la fin des vacances, rire aux éclats en regardant le steward mettre son gilet de sauvetage avant le décollage. Et puis rentrer, boire son thé chaud, le vent d'ici me réchauffe, l'été est encore là, tout le reste est ordinaire.
pssst: les images vont suivre
samedi 13 août 2011
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