lundi 27 mai 2013


Le bleu du temps qui passe


Surtout, ne m'en voulez pas, en ces temps gris souris, mais chez moi, la vie est pleine de bleu. Oh non, détrompez-vous, il ne s'agit pas uniquement de ce bleu clair, limpide et vif qui nous habille les après-midis d'été. Je parlerais plutôt de ces bleus tout en nuances, peints de gris, de lumière, de tâches et d'ombres. 

Ce sont les terres de contrastes que j'aime dans la couleur océan, celles qui semblent vouloir s'imprimer sous ma peau. La profondeur mélangée à la légèreté, la clarté dissimulée dans l'intensité. 

Ce mot, l'intensité, me semble tatoué à l'intérieur du cœur ; une trace qui viendrait souligner l'importance des instants à vivre et à goûter dans le mouvement folie de ces derniers mois. Ce mot, il décide le rythme de mes battements du cœur, le son de mes pas et la fatigue de mon corps engourdi. Il marque le temps qui passe au crayon gras. Mais parfois, mon cœur s'oppose. Il s'affirme, proteste et se débat. Il refuse l'impulsion du dehors ; il n'a pas de temps, mon cœur. Il se fout du temps qui passe, il danse de son rythme propre, aux sons de l'amour qui coule dans mes veines. Au contact de mon cœur bleu d'intensité, "j'ai l'âge éternel des premières fois". 

Il y a d'autres bleus. Ceux qui tracent de la rondeur irrégulière sur mes genoux de petite fille, à s'écorcher sur le trottoir de sa vie. A force de me tenir à la lisière de la forêt de mon corps, je tombe, me déchire et saigne. La prudence laisse des traces, le désengagement et l'humilité aussi. Je suis de ce genre de personne qui préfère ne rien dire du monde par peur d'affirmations vides, avides. Ni blesser, ni blasphémer. Je préfère garder les mots enfermés dans les mémoires du corps, protégés par la chaleur humide du connu. Le silence est mon royaume, les paroles m'ennuient ou pire encore m'épuisent. Je suis dans l'air du bruit, le bruit de l'air étant quasiment inexistant. Sauf, peut-être, dans la chambrette de sous les toits, lorsque je tapisse les murs de ma chaleur d'enfant bercée. Nous passons notre vie à fuir le silence. Pourtant, je crois que c'est là qu'il se trouve le vivant ; dans les chuchotements des mots à peine suggérés, l'implicite et les non-dits, tous témoins de la profondeur et de l'incarnation d'être au monde. Le silence du bleu nuit, lui seul me suffit. Je crois préférer les paroles silencieuses et la délicatesse. Avec eux, "j'ai l'âge éternel des première fois".           

C'est comme une enfant que j'ai suivi la ligne bleue dessinée sur le lino des couloirs blancs de l’hôpital. Ligne bleue, ascenseur bleu, étage bleu. Mes pas n'avaient pas d'âge, j'étais l'enfant qui allait voir son père. Peu importe le reste, je m'en fous. La petite fille cachée dans la grande avait choisi de réapparaître, soulignant la fragilité qui dort. Je marchais avec le goût du sang dans la bouche, signe d'avoir trop mordu mes joues pour ne pas laisser couler les larmes. Les gestes de survie pour montrer comme on est grande ; ravaler la peur et la laisser sortir, plus tard, à l’abri des mondes. A la grande de consoler la petite. Ne crains rien," tu as cet âge éternel des premières fois", celui qui balance le cœur mais rassure le temps qui passe. 

Ces derniers jours, il y a aussi le bleu sombre de l'encre qui se déverse sur les pages à apprendre par coeur pour la date inscrite en rouge dans l'agenda. Je me demande toujours ce qu'il reste, vraiment, à l'intérieur, de ces théories affalées sur les feuilles quadrillées de gris clair. Probablement qu'il restera la couleur des mots, la forme des concepts, le contour des contenus. Alors je choisis d'écrire en bleu, car c'est lui que je veux garder dans les lignes de ma pensée, un bleu mère, celui qui pourra, en temps venu, rassurer, consoler et bercer mes peurs de gamine. Dans ces instants de douceur, "j'ai l'âge éternel des premières fois". 

Lorsque, par la fenêtre, le carré bleu du ciel se dessine, je sens de la délicatesse s’installer juste là, au coin des yeux. Émue, j'apprivoise le chant de l'oiseau, m'habille de feuillage du marronnier et descends dans la cour. Il est vendredi, l'heure de l'amour amoureux. En contrebas, c'est une chemise à rayures bleues qui se tient adossée à la barrière de l'escalier. Chemise bleue, pull bleu. A son bonjour, "j'avais l'âge éternel des premières fois".

dimanche 10 mars 2013



Cette irrégularité, ici, parfois, m'effraie.
Vient-elle simplement rappeler l'irrégularité de la vraie vie, celle de l'autre côté de l'image, faite de surprises, d'enchaînements avides ; à vide, de pause sans repos, d'heures à courir et de temps à parcourir ? Mes pas sont nomades, vies écartelées et sacs remplis. Quatre maisons traversées en une semaine, chaque semaine. Sept petits jours dans trois villes, au mieux. Je traverse des gares par millier, mes racines peuvent s'implanter timidement, seulement. 

 Genève, mercredi-jeudi-vendredi. Mon véritable refuge. Mon appartement, mon nid. La ville que l'on aime et que l'on déteste à la fois. Celle que j'apprivoise depuis trois ans et qui m'a vu changer, je crois. Oui, tu sais, je repartirais si différente qu'à mon arrivée. J'ai appris avec elle la solitude, le voyage errant, les nuits sans lui, le faire "toute seule", la diversité des mille vies dans une ville, le gris ; gris du ciel qui plonge dans le gris des gens, le bleu aussi. Du bord du lac, surtout. J'ai compris que ce n'est pas la ville qui fait la vie mais la vie qui fait la ville, la force des liens, des liens tissés de nos vies métissées. Les regards croisés et les amitiés nouées. J'ai aimé ce café qui nous a vu étudiantes débutantes puis presque diplômées. Presque diplômée, il me faut le dire et le redire, puis l'écrire, tellement je peine à y croire. Je retiendrais l'adresse de ce restaurant indien, la libraire du Chien bleu, les Enfants Terribles, le parc observé depuis le balcon. Le soleil du mois de mai, toujours sur ce balcon, son sirop de sureau bu sur la petite table blanche et les tabourets aux couleurs acidulées, délavées par la force des rayons. Les poussettes du quartier et le bac à sable vidé. L'épicier de Marseille, et soudain, le soleil au coin de la rue. Puis, plus d'épicier. Un nouveau balcon, un second appartement, un déménagement. Des escaliers en vieilles pierres, des filets à pigeons, des voisins à compter sur les doigts d'une main. Le jardin accolé à la fontaine de l'ONU - le quartiers des Nations. Genève, l'Internationale. Pleurer le vieux quartier, marcher pour apprivoiser. Apprivoiser et apprécier, finalementJ'ai aimé grandir ici, devenir l'adulte que je suis, en devenir. La ville féminine, la femme en vie. 

Fribourg, dimanche soir-lundi-mardi. Une ville pour un stage. Deux appartements où déposer mes affaires vagabondes. Je partage mes nuits et les lits avec les filles, complicité inhérente. Cette ville dont je connais uniquement la gare et son boulevard. Brouillard. Et le trajet du bus numéro trois, appris par coeur. J'aime les gens que j'y rencontre. Personnes ressources, dans cette vie de l'entre-deux. Entre-deux gares.

Sierre, vendredi-samedi-dimanche. La dérisoire. Celle qu'il faut quitter en empruntant les chemins de montagne pour parvenir à la grande maison. Les chemins de l'enfance. La ville triste et humble à la fois. Ma ville, celle dont la créativité et l'inventivité font oublier le primitif. Pulsions de vie et de mort. C'est aussi la vie du week-end, les jours de l'amour retrouvé. Les baisers, les montagnes, les montagnes, les baisers. Alors forcément, le ton y est doux. Doux, comme un  mois de mars. 

Cette irrégularité, peut-être, vient refléter au dehors celle que je suis dedans. L'irrégularité du temps que je fais jouer, à mon rythme. Rythme de mon être, entre-deux rives, l'étudiante pour quelques mois encore et la presque diplômée, l'enfant et l'adulte-femme. Irrégularité de ma pulsion de vie, décousue et timide, n'osant à peine murmurer ses envies de grandes filles.


jeudi 31 janvier 2013




                                                                


Il est là.    Re*venu.     Nos corps retrouvés.     Les mots silencieux.    Le temps de l'apprivoisement. 


source photos: http://leloveimage.blogspot.ch/



mercredi 2 janvier 2013



Ces jours, il y a eu le Porto bu avec elle dans le coin du salon, près du feu. Nos cadeaux racontés et montrés ; le tableau du peintre fou fou fou, la robe au ruban de soie, le rose aux joues. Nos cheveux coupés court, plus courts que court ; alléger. Ôter la peine au coeur. Il y a eu des trésors ultra kitsch dénichés dans le magasingrenier de la grande ville pour un Noël un peu fou et décalé; une vierge Marie qui a su s'entourer d'un magnifique cadre doré et cette petite boite minuscule en forme de chien. Il y a aussi eu la surprise d'un cd oublié et retrouvé pour quelques pièces ; "des Visages des Figures" écouté en boucle dans la voiture. Et sentir la vie battre follement à l'intérieur, du cœur. Se demander comment avoir pu oublier, ne plus écouter ce baume au cœur. Aux sons de "Bouquet de nerfs", replonger dans nos dix-sept années, dans ce petit appartement de vieille ville, nous les filles de toujours, à trembler la vie et battre les corps. 
Avoir envie de vie, en vie. De simplicité folle, de surprises, de petits rien déconcertants. 
Il y a eu à penser un voyage à Paris. Penser à s'évader. S'évader pour panser. Je sais que là-bas, dans la ville qui a vu mes pas mille fois, elle me préparera du thé chaud et m'emmènera fouler les pavés de la nuit. Ça sera bien. Oui, ça sera bien.
Il y a eu son visage dans la nuit, dessiné par la lumière du vieux café reflétée dans la cour. Nos cigarettes fumées pour prolonger les mots échangés. Echange dansé mille fois, comme un refrain. Pour se rassurer et s'assurer du changement. Echanger pour changer, qui sait ! L'impossibilité de dormir, après. Le cœur bousculé tellement fort que les douleurs sont partout.
Il y a eu ce livre reçu, au sujet de la Scandinavie, comme un appel au  voyage.
Il y a eu la grande maison devenue hôtel de passage. Il y a d'abord eu lui avec elle. Puis elle sans lui. Nos trois corps engourdis par le déséquilibre de la vie. Nos pas tremblant mais en sécurité une fois la porte de la grande maison dépassée. Des titres de livres échangés, des plats cuisinés, du thé chaud, le feu dans la cheminée, la station de radio qui ne diffuse que du Jazz, le bois coupé. Trois jours à passer dans la maison douce avec elle, l'Amie à l'Amour fou, qui choisit de quitter ce pays pour retrouver le sien, pas très loin. Mais assez pour faire couler nos larmes, comme des gamines. Trois jours et trois nuits de secrets partagés, de mots dorés chuchotés, de baisers à donner et des peurs à déposer. Son voyage en Asie, six mois, peut-être plus. La folie de partir seule, le cœur en vrac. Choisir le voyage pour trouver, se (re)trouver, se faire et se défaire. Au point du jour, toutes les deux, dans le grand lit, assises, à trier les photos souvenirs à s'offrir et se dire que l'on est peu sage, quand même. Enfin, surtout perdue, non ? Papoter à n'en plus finir, puis s'endormir, les cœurs légèrement lourds. A l'aube, la regarder partir et laisser couler la pluie, la pluie de larmes. Les dernières promesses échangées depuis la fenêtre, elle de sa voiture, moi de la maison. Bonne route ma dorée.
Il y a eu les nuits blanches à regarder passer le temps à travers la fenêtre de la petite chambre. Suivre, du bout des doigts, les silhouettes des montagnes; dessiner sa vie et laisser une trace dans le blanc de la neige qui recouvre la vie par ici. Penser. A moi, à lui, à nous. A moi sans lui, à lui sans moi, à nous sans nous. 
Puis il y eu cet appel. D'elle. Ma soeur. Encore des larmes au bout du fil. Des larmes de peur. La chute en scooter de son Amoureux. Alors il y a eu les urgences, la famille ralliée en un instant, les scanners, les gorges nouées, les tremblements, les boissons rafraîchissantes bues en attendant, les mots chuchotés qui rassurent, le dentiste et les rires après les pleurs. Les nuits à côté du téléphone, si jamais. Des photos prises pour rire. La fête du nouvel an annulé, forcément. Décider qu'on le fêterait à notre façon, tous emballés dans les couvertures du petit salon. Se souhaiter la nouvelle année avec du champagne pour enfant puis regarder un film pour rire. Se sourire et se souhaiter une année un peu plus douce que celle laissée derrière nous. Se souhaiter une viefolie dorée et pailletée, faite de petits riens majestueux et de grands luxes timides. Le luxe "d'aller quelque part sans savoir exactement où". 

C'est ainsi que je vous la souhaite, cette année 2013, les amis d'ici.

lundi 24 décembre 2012


C'est Noël. Non, je ne veux pas de ce foutu Noël qui brille. 
Brillance qui éblouit et heurte ma tristesse accablante. Mise en lumière de ce blanc-vide qui colore mes jours et dépeint mes nuits. Le vide et le blanc. Le blanc du mur, le blanc du thé bu en quantité dans la cuisine*refuge du petit appartement, vide. Le blanc des paquets de clopes que je fume en un instant, vide. Le blanc de la page ; je n'ai plus les mots, bordel, je n'ai plus les mots. Je ne sais plus, perdue et vide à la fois.Je n'ai plus les mots pour raconter le tourbillon de la vie à l'intérieur de moi. La tempête; tenir debout, seule, au milieu de la colère du vent. Celle qui arrache le coeur et le corps, qui enferme et explose dans un même temps, deux mouvements de contraire qui tiraillent, entrailles. 

Je suis allée nager ce matin. Noyer la tristesse et laisser couler les larmes de mes yeux doublement humides. Laisser l'eau ruisseler sur mon corps tremblant et croire à la purification de ce mouvement. Vider, la folie des nuits, la douleur des jours. 

Ce matin toujours, je lui ai écrit. Deux mots - je n'ai plus les mots - pour l'imaginer aujourd'hui, dans sa vie d'un vingt-quatre décembre. Je crois que j'aurais eu envie de lui demander : où es-tu, à l'intérieur de ta vie ? J'aimerais tant l'entendre, au-delà de ce blanc-vide, lisse et creux. Dis-moi, lâche-moi, retiens-moi, baise-moi, ignore-moi, mais montre toi. Oui, montre-toi ! Sois la colère, sois la tempête, sois la joie, mais sois, avec toi.Je voudrais tant t'entendre, toi le tendre, toi le doux. Raconte-moi, là, tout au fond, ton coeur, en plein coeur.Mais je ne peux pas. Non je ne peux, je reste immobile dans ce blanc-vide. 

Je voudrais quitter la solitude de ces montagnes blanches. J'ai tellement besoin de sentir la Vie, le tourbillon, le capharnaüm contre ma peau lisse et éreintée à la fois. Me faire bousculer par le monde, sentir le vivant dans l'inconnu, nu.J'enfilerais cette robe à pois bleu pâle offerte par mon père un jour de tristesse. Je teinterais mes lèvre d'un rouge mate et j'emporterais ma besace en cuire vieilli. De ce même cuire, je chausserais mes petites bottines à lacets et j'avancerais d'un pas timide et hésitant.Oui,j'avancerais. Toujours avancer. Avance bordel, avance! 

Parfois je ponctuerais ma route de silence, de vide et de blanc pour équilibrer la partition de ma vie, écrite d'une main tremblante. Une main de gosse d'à peine vingt-quatre ans qui se dit que la vie de grande ce n'est pas simple. Non, pas simple. Vingt-quatre ans un vingt-quatre décembre, la tristesse en bandoulière.

lundi 27 août 2012


Marcher sur les méandres doux et sinueux
Les pas aux rythmes des battements du cœur
Raisonnances de vies intérieures

mercredi 22 août 2012



   New York je t'aime. New York je te hais.


Je pourrais vous raconter l'arrivée à New York, le trajet entre l'aéroport et l'hôtel, celui qui fait défiler pour la première fois les maisons à "l'Américaine" faites de planches de bois blanches, celui qui expose les milles et une publicités clignotantes, celui qui est emprunté par des voitures, des taxis, des taxis et des taxis. Traverser le Queens et emprunter Le pont, celui qui fait apparaître soudainement l'île, la géante. Les cris dans la voiture mélangés à la fatigue. Le cours d'anglais et le chauffeur Japonais. S'engouffrer dans ces hauteurs, se sentir comme des fourmis. 
Je pourrais vous raconter l'arrivée à l'hôtel, après dix heures de voyage. Sortir du bus et comprendre les gens qui racontent qu'en août il fait un peu trop chaud pour visiter New York. Se faufiler dans l'hôtel, 15 degrés et des chambres au 34ème étage. L'ascenseur qui passe de la réception à la chambre en trente secondes. Sentir le sol s'évader sous les pieds, le ventre en boule. Depuis la chambre, ne pas regarder en bas. Les fourmis. Chanceler et tenir debout.
Je pourrais vous raconter les mille cultures qui se mélangent. Manger Vietnamien entourés d'une tapisserie à la feuille de banane ou se costumer pour la soirée japonaise, le tout en noir et blanc, illuminé d'un lustre géant. 
Tout est grand. Tout est un peu trop grand. Sauf le lustre.
Je pourrais vous raconter les marchés aux puces, un peu bohème, un peu chic. Une petite bague au bleu doux, un bleu sauvage. Et des boucles d'oreilles à la forme d'une feuille. Une feuille d'or. Les barbus et les moustachus de Brooklyn. Les entrepôts dont on ferait bien notre maison. Ceux avec de petites briques blanches et du vieux plancher.
Je pourrais vous raconter les parcs. Retrouver du vert et respirer. Un soir de pleine lune, dans le parc aux arbres centenaires, marcher les pieds nus sur la roche et respirer. Entendre de l'accordéon, se rapprocher et trouver des danseurs de tango, des violons et des ballons. Un peu plus loin, sous le porche, le vieux messieurs au violoncelle. Le regarder nous regarder. Lui et nous, dans ce petit porche qui fait résonner nos chuchotements. Je pourrais vous raconter les tableaux et ces photographies dont on n'est pas prêt d'oublier les couleurs, les regards, les odeurs. Celles qui dérangent un peu, qui effraient, qui détonnent par leur simplicité, qui fixent le regard. L'air de la Grèce au musée Guggenheim, les mobiles et le tricot, entre artisanat et design.
Je pourrais vous raconter les taxis, les chauffeurs de taxis, les distances parcourues, les pancakes, les marchés bio, le bar ten, la foule devant le magasin qui guette la sortie de Jay-Z, les vins italiens, la chaleur, les sandales vertes, la série tournée dans les rues de Brooklyn, le Taï Chi.
Je pourrais vous raconter encore tellement de choses. Mais il y en a bien trop. Un peu à l'image de New York où le superlatif est cousu aux bouts des lèvres. Trop bien, trop grand, trop chaud, trop bon, trop froid, trop loin, trop cool, trop pollué, trop génial, trop dense, trop beau. 
New York je t'aime. New York je te hais.

mardi 29 mai 2012





Je suis sous le charme de ces images qui ne quittent plus mon imaginaire.

C'est par ici : http://cheandfidel.blogspot.com

mardi 1 mai 2012

                                  C'est le premier mai
                                  J'écoute Julien Doré -  qui l'eut cru
                                  Je révise et j'avise
                                  Dans six jours, 1962-2012 pour elle
                                  Ça se fête, en Italie.
                                  Huit semaines de cours avant la fin
                                  New York, ma Bien-Aimée
                                  Des farfalles aux aubergines
                                  Un sujet de mémoire
                                  De la dentelle
                                  Des plantes en latin
                                  Une fête du printemps.

                                  Le mois de mai, presque mon préféré.







mercredi 28 mars 2012


    
   Je papillonne, tu papillonnes


                                                           source:http://confettigarden.tumblr.com/post/19997589751


L'homme court le corps brûlant vers un ailleurs qui lui est étranger. Il allonge les distances, les pas trop longs dans le vertige de l'après. Le souffle court rappelle l'instantanéité et le consumé. Consumer et consommer. Deux mots qui ébruitent la violence et se rapprochent un peu trop de mon coeur.
Le corps est ailleurs, en voyage et décalage. 
L'homme court et s'arrête. Qu'il est bon de s'arrêter. Attendre que le rythme de la nouvelle saison l'emporte et quitter cet entre-deux à l'insaisissable lourdeur. Le cris et le souffle s'essoufflent et chuchotent la danse. Une danse à demi-teinte qui se joue à deux. Parfois. 
L'homme court puis s'arrête. Il dépose et se dépose. Il repart aux sons de la marche.
Le marcheur est invité par ses battements du coeur, résonances de vies intérieures.


Un texte en traits tillés, décousu de fil d'argent.

lundi 27 février 2012

J'ai été invitée par Fanny à jouer à ce petit jeu. J'en profite pour vous suggérer d'aller faire un petit tour sur son joli blog et sa merveilleuse boutique* tout est splendide!


Voici les règles du jeu :
Dévoiler 11 choses sur soi, répondre à 11 questions et poser 11 autres à 11 blogueuses de son choix :
"- Vous devez poster les règles du jeu sur votre blog.
- Chaque personne doit écrire 11 choses à propos d’elle-même sur son blog.
- Répondre aux 11 questions puis en créer 11 nouvelles.
- Vous devez choisir 11 personnes et mettre un lien de leur blog sur votre post.
- Rendez-vous sur leur blog afin de leur dire qu'elles ont été taguées.
- Ne faire aucun tag sans les prévenir."



*Onze chose sur moi*


- Je viens juste de me couper les cheveux, comme Maïa Vidal, si court que je ne me reconnais plus
- J'aimerais avoir quatre enfants..euh oui oui quatre.. Mais bon commençons par un, pourriez-vous nous dire!
- Je rêve d'aller en Inde du Sud dans un centre ayurvédique et faire du yoga
- J'adore ce que j'étudie et je souhaiterais poursuivre avec une formation continue en Art thérapie
- Le printemps arrive à petit pas et cette simple idée m'émerveille très très fort
- Je ne sais pas si je pourrais vivre sans mes montagnes
- Il m'est impossible d'imaginer ma vie futur en ville, pourtant celle de mes études est chouette.
- Je pourrais dormir 14 heures par nuit, très facilement.
- J'aime la céramique.
- Je suis très calme, un peu trop peut-être, une vraie Suisse?
- Je rêve, je rêve et je rêve encore.


*Les questions de Fanny*


/Un petit boulot que avez-vous fait ?
Nettoyer des piscines avec des filets à papillons


/ Le dernier concert, la dernière exposition que vous ayez vus ?
/ Votre recette fétiche ?

Le dernier concert, samedi soir, celui de mon amie Alice en avant première d'un groupe que j'aime beaucoup, Charlotte Parfois.
La dernière expo, Zivo, un peintre qui vit en Suisse et qui expose dans le château de mon village natal.






/Un pays, une ville que vous souhaiteriez découvrir ?
Ohlala il y en a tellement! La Finland, l'Inde. Et Lisbonne pour la ville.


/ Un fou-rire mémorable ?
Celui avec les filles, un 3 août, la nuit, assise sur les chaises blanches dans le jardin.


/ Un objet qui vous est cher ?
mon carnet d'idées


/ Un lieu que vous adorez ?
Darnona, le minuscule hameau où j'ai grandi, entre vignes et montagnes.


/ Un mot que vous aimez prononcer ?
Céleste


/ Un rêve fou ?
Devenir artiste peintre


/ Une expression souvent dite ou entendue ?
Vedere ma non tocarre. Prononcée des millier de fois par mon papa lorsque nous étions petites.


/ Une fleur ?
Le coquelicot*


***





vendredi 10 février 2012




Un matin de janvier, enfiler un pull aux mailles usées. Sentir son coeur être bousculé par le froid et le gris du ciel. Marcher sans ne savoir où aller, au rythme des battements du coeur. Je vis en traits tillés entre deux gares.  La route et le voyage me manquent. Je choisis le siège rose du carrousel. Je toucherai la lune du bout des doigts. Un voyage nocturne.

mercredi 23 novembre 2011




Ses tout juste dix ans, lullaby pour une minuscule déjà trop grande

mercredi 9 novembre 2011

      
      

        Son corps regardait passer la rue et ses yeux coulaient comme une rivière lisse.
Les pupilles vertes pâles de la minuscule grandissaient pendant que sa jupe tourbillonnait. Le vent claquait contre sa joue, arrachant les larmes qui roulaient sur les joues rosies par le froid. Elle se racontait des histoires ; celle de la coquille d’escargot qui abritait une cabane, celle du bateau-mouche, ou encore celle du poisson lune à l’humeur grise. Des histoires peintes aux bouts des doigts, cousues à la peau et au cœur pour traverser les tempêtes et les orages. Aujourd’hui ces mains de petite fille gratte la terre d’automne gelée par les matins de brume, elle creuse au plus profond d’elle-même pour retrouver la force des montagnes -  montagnes d’histoires qui s’envolent avec les oiseaux de nuits – la force qui se cache dans ce corps engourdi par tant de mémoires. Trop de monde s’envolent et désordonnent l’intérieur. Elle fuit et suit les vols ailés qui parcourent tous les ciels, surtout la nuit, surtout l’été.  / L’entrée de l’hiver se fait rude, la minuscule doit se cacher au plus intime d’elle-même, sans regard, sans crainte. Se déposer au creux de ses mains invisibles, relâcher et pleurer. Ses yeux coulaient comme une rivière lisse.
Je suis cette petite fille des bois, ensevelie dans cette terre aride, sans début, ni fin. Laissez-moi creuser et retrouver la terre de mes racines. Mon ancrage est malhabile et timide, perdu dans ce tourbillon d’automne, comme un interstice immuable. Ôtez-moi de ce blanc vide qui ne mène nulle part, je me retrouverais quelque part. Les rêves immobiles.
Je suis cette petite fille qui s’envole avec les oiseaux de nuits, surtout la nuit, surtout l’été.

              photo: http://confettigarden.tumblr.com

lundi 24 octobre 2011


L'OISEAU BLEU-GRIS






Gris souris de Paris

vendredi 14 octobre 2011

C'est aujourd'hui que je souffle 23 petites bougies




Je ne vous oublie pas. Je pense à vous.

lundi 12 septembre 2011



Ça fait bien longtemps que je vous ai laissé.. Je reviens après un bel été rempli de vagabondages et d'air frais. On a couché notre fatigue sur du papier doré pour se laisser saisir par le vent du nord, il nous a surpris à rire de nous voir tout emmitouflé comme au mois de novembre alors que les filles de là-bas pédalaient en short en jeans un peu trop court. Le vent du nord nous a surpris à nous étonner de cette ville-là, un peu colorée, un peu froide, un peu contemporaine. Une ville qui avance à la vitesse d'une bicyclette, à la vitesse de nos pas pressés par le froid. Le vent nous a surpris à traîner dans un bain chaud même si c'était les vacances d'été. Il nous a surpris à noter toutes les références de ce fauteuil, car on ne sait jamais, le jour où l'on aura ce tout petit appartement..oh et cette lampe, et ce plaide..Le vent nous a surpris en train de nous faire aider par la dame qui parle français pour acheter les meilleures pâtisseries de la ville, il nous a surpris à courir au bord des quais et faire la course avec le bâteau-touriste, il nous a surpris à traverser ce village de hippies et emprunter les petits chemins pour voir les maisons construites uniquement de fenêtres.  *  Le vent nous a surpris à aimer cette ville, le vent à emporter les nuages et nous à fait voyager dans cette autre ville tellement différente, celle qui a vu nos pas au moins mille fois. *  On a commencé par monter ces vieux escaliers de bois au fond de la cour, un peu comme si on rentrait chez nous, dans ce petit appartement tant rêvé. La rue Montorgeuil était notre chez nous pour quelques jours, nous voilà gens d'ici. Les rues du Marais, le café minuscule, les photos de notre capitale dans ce tout petit atelier, les croissants du matin, la place qu'on avait encore jamais vu. Et ce film, la guerre est déclarée qui fait claquer mon coeur, qui le fait résonner d'histoires connues, sortir en se serrant la main très fort, s'asseoir sur la terrasse de ce café et prendre un verre de vin rouge, ne rien se dire, sourire et avoir tellement envie de vivre. Et puis il y a eu Paris-Delhi-Bombay, et nos deux corps malades, il fallait attendre à l'aéroport, l'avion était retardé, je dormais sur deux chaises alors qu'il n'osait pas me laisser hors de ses yeux une seconde, car il y avait cet homme, juste à côté, qui criait des insultes très fort dans son téléphone...entre deux cris, il me regardait rouge de fièvre. Dans l'avion, chanter "Love is in the air" d'une voix toute enrouée pour oublier la fin des vacances, rire aux éclats en regardant le steward mettre son gilet de sauvetage avant le décollage. Et puis rentrer, boire son thé chaud, le vent d'ici me réchauffe, l'été est encore là, tout le reste est ordinaire.

pssst: les images vont suivre

samedi 13 août 2011

dimanche 31 juillet 2011



Joues poudrées * lèvres rosies * dentelles blanches et papiers de soie




dimanche 24 juillet 2011


Poisson-lune au coeur noir


Avaler des kilomètres et traverser des frontières pour découvrir le vertige des étendues, la sécheresse des images, les photos de vie. Des kilomètres avalés pour se retrouver, des couleurs au bout des doigts pour la fêter. Se perdre parmi les gens d'ailleurs, dormir sous les étoiles et revenir en arrière. Contourner Paris et vouloir la folie dans les coeurs pour s'engouffrer dans le flot saisissant. Préférer la douceur de nos yeux fermés, pour mieux imaginer.
Rentrer puis repartir.
Se retrouver toutes les huit, toujours avec la même odeur de nos treize ans, liées depuis si longtemps que nos doigts ne suffisent pas pour compter les années. La grande maison faite de beauté désuète nous attendait, les volets fermés pour empêcher la chaleur de s'engouffrer. Le parc allait abriter nos secrets de petites filles, nos rires d'adolescentes, nos débats de jeunes adultes.
Les histoires comptées décorent à présent les murs silencieux et les hauts plafonds de la maison qui gardera à jamais les mots rencontrés. Nos murmures et nos rires sont cousus à nos peaux, à nos souvenirs. L'eau bleu-piscine éclaboussait les peurs de la vraie vie. Les abeilles les emportaient au loin. Seule la nuit, lorsque la maison craquait de toute part sous nos pas hésitants, les peurs de gamine embrassaient la lune noire, mais nous étions toutes les huit, fortes et oscillantes, ensemble dans la vie qui bouscule.
Huit gamines au coeur brillant. Que je les aimes vos coeurs!